Fonds de dotation
Jean-Pierre Bertrand

Topographie des archives, promenade avec Michel Claura par Sara Martinetti et Hélène Gheysens

Rencontre #10 - À LIRE ET À ÉCOUTER

« En 2014, dans le contexte de ma recherche sur les pratiques d’écriture dans l’art des années 1960-1970, je contacte Michel Claura, un critique d’art et organisateur d’exposition actif à Paris entre 1967 et 1984. Je le convaincs d’entamer une recherche en collaboration sur la base de sa mémoire et de ses archives inédites » - Sara Martinetti

Jean-Pierre bertrand © DR
Michel Claura, place Vendôme
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INTRODUCTION par Hélène Gheysens et Sara Martinetti

Hélène Gheysens

« Nous reprenons donc effectivement le fil de réflexion autour de l’archive et cette séance est la deuxième d’une série de trois intitulée L’archive, un médium artistique. Nina et moi avons en effet noté que Jean-Pierre Bertrand, qui habite l’esprit du lieu, et Lea Lublin dont le travail fait l’objet de ma thèse, placent les archives au cœur de leur pratique comme outil de réécriture et de déplacement critique de la mémoire. Le 28 janvier dernier, nous avons invité Agnès Geoffroy qui utilise l’archive afin de questionner les imaginaires entre fiction et réalité et mettre en lumière des problématiques contemporaines et notamment le conditionnement des comportements. Nous aborderons aujourd’hui une autre problématique autour d’archives bien circonscrites, celles de Michel Claura et le travail à quatre mains réalisé par ce dernier avec Sara Martinetti, qui combine exigence historique et subjectivité artistique.
Alors Michel Claura, comment vous présenter tout en respectant le voile de mystère et d’énigmes qui vous entoure ? Vous agissez dans le domaine artistique sous pseudonyme, utilisez une adresse de domiciliation et vous vous exprimez souvent de manière cryptée. J’ai en tête la phrase d’invitation de À Pierre et Marie. D’autres artistes ont été et seront invités. Leur éventuel point commun est, aux yeux des organisateurs qu’ils seraient à cheval. Tout juste puis je dire que vous avez été critique d’art et commissaire d’exposition, Amis de celle-ci que l’aube. Vous avez joué entre 1967 et 1982 un rôle majeur dans le développement de l’art minimal et conceptuel en France. Vous avez écrit plus de 80 textes dans des revues de référence comme Les Lettres françaises ou Artitude. Votre écriture a certainement été décisive dans l’intérêt que Sara Martinetti a manifesté pour vos actions. Ce n’est cependant pas votre écriture qui nous rassemble ce soir. Ou alors une autre forme d’écriture que sont vos activités de commissaire d’exposition, une sorte d’écriture dans l’espace. Nous nous sommes rencontrés une première fois il y a une dizaine d’années, à l’invitation de Jean-Hubert Martin. Puis, en 2020, dans le cadre d’une mission recherche du Centre Pompidou en mode confinement. Sarah Martinetti était alors la chercheuse associée. Sarah Martinetti est en effet chercheuse en histoire de l’art. Elle a soutenu à l’ EHESS en 2020 sa thèse de doctorat consacrée à la pratique d’écriture de Seth Siegelaub et aux enjeux théoriques qui y sont associés, sous la direction de Béatrice Fraenkel. Mais, et c’est ce qui m’intéresse particulièrement. Elle est également artiste ayant suivi un cursus à l’École des beaux arts de Cergy-Pontoise. Elle pose donc toujours la forme de l’histoire, qu’il s’agisse de ses publications, et elle nous a apporté un exemplaire ce soir. Ces expositions, désormais, la bande sonore qu’elle a développée avec Michel Claura, chacune de ses interventions, porte en elle un geste formel et d’une certaine manière, artistique. Nous vous proposons ce soir une promenade avec Michel qui fera un retour sur les lieux parisiens de ses expositions. Cette déambulation sera guidée par Sara dans sa démarche de chercheuse-artiste comme miroir aux artistes-chercheurs que peuvent être, selon Sandra Delacourt, les artistes conceptuels. »

Sara Martinetti

« Tout d’abord, je suis très heureuse d’être ici ce soir. Merci d’être venue. Quand Hélène m’a fait cette invitation à intervenir dans l’atelier, j’ai voulu réagir à quelque chose qui m’a marqué dans la visite de cet atelier. C’est le rapport très particulier au lieu et ça fait écho à un projet que Michel et moi étions en train de terminer. Ce projet c’est donc une pièce sonore, d’une quarantaine de minutes, dont le scénario est le suivant : faire une promenade dans Paris avec Michel, sur les différents lieux où Michel a organisé des expositions ou des événements artistiques, de la fin des années 60 au début des années 80. À la source de cette idée, de ce scénario, il y a eu à un moment du processus de recherche et de collaboration que nous avons avec Michel depuis 2014, l’envie pour moi d’aller voir ces lieux liés au projet que nous étudions et regardions avec Michel grâce à ses archives. L’ idée, c’était de retourner sur les lieux où il a organisé des expositions et des événements et qui ont pour particularité d’être des lieux, qui ne sont pas repérés sur la carte des institutions artistiques et galeries, parisiennes. Et en retournant sur les lieux, moi, du point de vue de la recherche, j’ai compris beaucoup de choses. Ça a suscité des échanges avec Michel. Et puis on a eu aussi des petites aventures, des petites découvertes. Voilà donc la thématique pour échanger ce soir ce serait le rapport, le rapport au lieu, aux archives, à la recherche. Et dans quelle mesure on peut activer les archives par le lieu. »

Promenade à écouter



Yellow green aplat

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